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Survivre à la violence familiale et aux désastres
par Elaine Enarson, chercheuse invitée
Disaster Preparedness Resources Centre, Université de la Colombie-Britannique
Quand l'ouragan Andrew les a dépossédés de leurs emplois, appartement, effets personnels et véhicule, le mari de Carol "est devenu fou. Avant, il me battait une fois par mois, tout au plus, a expliqué Carol. Après, c'était un jour sur deux. J'ai vu beaucoup de femmes souffrir aussi, battues puis abandonnées par leurs enfants ou conjoints. C'était horrible."
Les femmes dans la situation de Carol ne sont jamais si peu en sécurité dans leur propre maison qu'après qu'un événement prévisible de la sorte s'abat dans un ville où on ne s'y attend pas. Pourquoi les femmes dont la relation intime est précaire deviennent-elles si vulnérables lorsqu'un désastre bouleverse l'environnement, les institutions et les relations? Lorsque survient une catastrophe, les services communautaires sont-ils outillés pour répondre aux besoins des femmes et enfants en proie à la violence ou vivant dans des maisons d'hébergement ou de transition?
Pour répondre à ces questions, un projet de recherche a pu être élaboré grâce au soutien financier du B.C. Institute Against Family Violence et du Feminist Research, Education, Development & Action Centre. Une enquête téléphonique et postale a été menée auprès de 77 coalitions et maisons d'hébergement et de transition provinciales canadiennes ou d'État américaines, y compris 35 programmes de la société des maisons de transition de la Colombie-Britannique et du Yukon. Grâce à leur participation, nous disposons maintenant de données de référence sur les femmes vulnérables à la violence et aux catastrophes.
La violence envers les femmes lors de catastrophes : explications
Si nous les considérions auparavant comme les grandes " égalisatrices", nous savons aujourd'hui que les catastrophes environnementales et technologiques affectent d'une façon disproportionnée certaines populations, notamment les démunis, les communautés ethniques subordonnées, les familles monoparentales, les groupes linguistiques minoritaires, les nouveaux immigrants, les enfants et les personnes âgées ou handicapées. On s'est récemment rendu compte de la vulnérabilité des femmes lors de catastrophes, même si les lecteurs ne seront pas surpris d'apprendre que la documentation sur les désastres a toujours accordé davantage d'attention aux animaux de compagnie, au tourisme et au patrimoine culturel qu'aux femmes victimes de violence.
Les désastres n'ont pas d'impact particulier sur les femmes. Toutefois, une femme qui vient de perdre sa maison ou de recevoir une allocation aux sinistrés a peut-être moins de raisons de rester avec son conjoint. Les agressions peuvent être également réduites pendant que la famille réagit à la catastrophe. Plus que de simples victimes, les femmes qui subissent de la violence développent des mécanismes de survie qui méritent d'être étudiés dans des contextes de catastrophe.
En même temps, ces femmes courent un risque particulier avant, pendant et après une catastrophe. Au cour des jeux de pouvoir et de contrôle réside un univers de solitude, de dépendance financière et de démantèlement progressif du réseau social. Tout comme leur santé physique et psychologique, l'amour propre et le sentiment d'efficacité des femmes en proie à une violence perpétuelle s'étiolent. La fragilité des réseaux de soutien peut rendre ces femmes encore plus vulnérables à la suite d'un désastre.
Les glissements de terrain, ouragans et autres phénomènes météorologiques violents isolent les femmes dans des environnements instables, où elles sont souvent coupées du téléphone, des communautés avoisinantes et des services juridiques, policiers et de soutien qui leur sont essentiels. La tension exercée sur la relation augmente quand les conjoints doivent batailler pour remplacer leurs biens, toit et emplois, et retrouver leur sérénité. Un intervenant auprès d'hommes victimes d'un tremblement de terre en Californie a noté que bon nombre de clients " utilisaient la catastrophe pour tenter de reprendre une ancienne relation ". Pour les femmes et les enfants en maison d'hébergement, l'évacuation imposée en prévision d'un incendie de forêt ou à la suite d'un incident industriel constitue une évacuation de second ordre, et les centres d'hébergement désignés peuvent s'avérer inadéquats à protéger la vie privée et la sécurité.
Quand la poussière retombe, les femmes qui ont été victimes de violence physique ou psychologique doivent de surcroît disputer aux autres sinistrés le peu de services disponibles en matière de logement, de garde d'enfants, d'emploi, d'éducation, de transport et de santé. Le nombre de logements abordables risque de diminuer à la suite de la catastrophe, forçant certaines résidentes de maisons d'hébergement à retourner auprès de leur conjoint, pour s'en remettre de nouveau un jour aux services de counseling ou aux tribunaux. L'ironie veut que les agresseurs qui vivent à la maison aient davantage accès aux allocations pour sinistrés que leur conjointe en maison d'hébergement.
Programmes à l'intention des femmes victimes de violence et préparation aux désastres
" Tout ce que ces femmes ont, c'est nous qui leur donnons ", a dit une employée de maison d'hébergement. Les maisons d'hébergement et de transition ne sont pas réputées des organismes d'hébergement et de soutien pour personnes particulièrement vulnérables. C'est pourquoi leur autonomie en cas de désastre est essentielle.
Les programmes ayant participé au sondage ont rarement mentionné avoir reçu des directives officielles sur la préparation aux désastres ou avoir été représentés au sein de groupes de planification antisinistre municipaux, régionaux ou provinciaux. Quel niveau de sécurité offrent leurs centres et maisons d'hébergement et de transition? Outre certains bâtiments anciens situés dans des zones côtières ou plaines d'inondation dangereuses, les installations sont pour la plupart " relativement sûres ". Comme l'indiquent des programmes situés dans des régions de la Colombie-Britannique vulnérables aux tremblements de terre, leurs installations seraient " sûres, sauf en cas de tremblement de terre ".
La préparation aux désastres ne constitue pas une priorité pour les programmes de lutte contre la violence familiale qui se concentrent sur " les besoins immédiats des femmes et des enfants - par exemple, la sécurité et le logement ". Moins de la moitié ont mentionné avoir pris des dispositions en matière de préparation aux catastrophes. En Colombie-Britannique et au Yukon - des régions à risque d'inondation, de glissements de terrain, d'accidents de transport et de phénomènes météorologiques extrêmes regroupant d'importantes zones urbaines à risque de tremblements de terre - 80 % des 35 programmes participants ont indiqué n'avoir pris aucune disposition (12 sur 35) ou des dispositions minimales (16 sur 35) de préparation aux désastres. Six d'entre eux ont chacun hébergé entre 500 et 600 femmes au cours du dernier exercice. Interrogés sur les principaux obstacles à une plus grande préparation aux désastres, ils ont invoqué le temps et l'argent. " Nos services sont très sollicités : pour nous, aucune hausse de financement équivaut à une baisse de financement. " Le manque de connaissance de l'intervention en cas de catastrophe au niveau régional et le manque d'initiative au niveau communautaire ont aussi été visés. L'insensibilité aux questions liées à la violence familiale peut faire échouer les tentatives de préparation aux désastres de certains programmes, comme en témoigne cette déclaration d'une employée de maison de transition en zone à risque : " J'ai soulevé la question à la mairie mais notre groupe n'était pas assez important pour justifier une réunion. Ils voulaient que nous mobilisions nos voisins. Je n'ai pas le temps de me soucier de sécurité. D'autre part, nous vivons dans un quartier chic qui nous apprécie guère. "
Les programmes de préparation aux désastres sont le plus développés là où des liens personnels ont été établis avec le personnel secouriste (comme dans les communautés rurales), les employés des maisons ont déjà survécu à des catastrophes, le gouvernement en confère le mandat ou une coalition en a pris l'initiative. Par exemple, dans une communauté rurale du Dakota du Nord, l'équipe d'urgence locale comprend la directrice de la maison d'hébergement et son mari, agent de police. En Colombie-Britannique, une femme est à la fois bénévole pour les services sociaux d'urgence et employée de maison d'hébergement, et un programme pour femmes autochtones a rapporté recevoir des renseignements sur les désastres de la bande locale.
Lors de la crue de la rivière Rouge en avril dernier, les membres des programmes de Grand Forks se sont activés à protéger leurs maisons, le centre et le village avec des sacs de sable, en vain. Plus en aval, à Winnipeg, les maisons d'hébergement ont essayé de protéger leurs installations des refoulements et inondations, mais leurs moyens étaient réduits. En plus de réaménager l'espace pour mettre à l'abri leur matériel, les deux maisons ont, dans le feu de l'action, fait preuve de créativité pour trouver des locaux sûrs et suffisamment grands afin où héberger ensemble les clients et le personnel en cas d'évacuation. Mais juste avant que la rivière ne déferle, le principal organisme de financement a changé les plans d'évacuation hors zone, apportant par le fait même une vision conflictuelle de l'autonomie et du service à la clientèle. " Ce sont nos clients; ils ont le droit de choisir. Qui prend les décisions ici? "
Comme l'inondation de la vallée de la rivière Rouge l'a démontré, des décisions importantes ont été prises à la hâte dans des communautés situées dans des plaines d'inondation et non préparées à assurer la protection des femmes victimes de violence et de leurs enfants en cas d'urgence. La préparation aux désastres ne peut protéger les gens contre " l'inondation du siècle " ou d'autres catastrophes, mais peut réduire les pertes et permettre aux populations et aux organismes de mieux faire face aux situations extrêmes.
En faire plus avec moins : en quoi les catastrophes affectent-elles la prévention de la violence familiale?
Quand une catastrophe survient, les maisons d'hébergement s'adaptent tel qu'elles le doivent à des conditions exceptionnelles : " Dispersés dans toute la région ", le personnel et les bénévoles de Grand Forks se sont efforcés de maintenir la ligne d'écoute en service puis de se débarrasser de cette " boue visqueuse et malodorante " qui a détruit le matériel coûteux du centre. Pendant trois mois, quatorze femmes ont partagé une chambre et deux téléphones sur le campus de l'université locale. Six mois plus tard, elles ont appris que leur nouveau local était implanté dans la zone de construction d'une nouvelle digue, les obligeant à être à nouveau relogées. Au lendemain des inondations du Saguenay, au Québec, le personnel de la maison d'hébergement locale a déclaré : " tout était paralysé. Les services de police étaient dépassés. Il n'y avait ni téléphone, électricité ou eau. Toutes les énergies étaient utilisées pour parer au plus pressé. Le personnel devait fait preuve d'une grande faculté d'adaptation. "
Dans de telles situations, les cas déclarés de violence envers les femmes augmentent-t-ils? Il est difficile d'attribuer un rapport de causalité - par exemple en matière d'emploi ou de mouvements migratoires - à des événements aussi complexes et persistants que des catastrophes naturelles ou technologiques d'envergure. Dans les zones gravement touchées où les téléphones et les services judiciaires et policiers font défaut, les demandes d'ordonnance de protection et appels à la ligne d'écoute sont de piètres indicateurs de la réalité. Peu de programmes sont munis de dispositifs permettant de garder un registre des appels liés à la catastrophe. Cependant, des communautés victimes de catastrophes en Californie, en Floride, au Missouri et en Ontario et au Québec, au lendemain de la tempête de pluie verglaçante, ont noté une augmentation de la violence familiale.
Notre étude révèle que neuf des treize programmes les plus gravement touchés ont enregistré une augmentation des demandes d'aide jusqu'à un an suivant la catastrophe. Victime d'inondations à la fin avril, le programme de Grand Forks a connu entre juillet 1996 et juillet 1997 une augmentation des appels d'urgence de 21 % et des services de counseling aux clients existants de 59 %. En août 1997, l'équipe traitait 18 % plus d'ordonnances de protection qu'un an auparavant. Le personnel a aussi noté davantage d'acheminement de clients des salles d'urgence, ce qui reflète une augmentation des agressions physiques. En amont, à Fargo, deux programmes ont noté un phénomène similaire tandis qu'ils s'efforçaient de satisfaire les besoins des familles fuyant les zones sinistrées, des secouristes venus de l'extérieur et des nouveaux clients acheminés par les services téléphoniques de secours. En aval, au Canada, où deux petites communautés ont été inondées, les programmes n'ont noté aucune augmentation des demandes six mois après la catastrophe.
Les programmes affectés ont mentionné une augmentation des activités de gestion de cas existants. Dans l'exemple ci-après, la pénurie de logement a forcé une femme à retourner auprès de son mari. " Cette femme avait obtenu une ordonnance de protection juste avant l'inondation. Mais lorsque l'évacuation a commencé, elle n'avait pas vraiment de famille à proximité et son réseau de soutien était très réduit. Et c'est pourquoi elle l'a appelé. Elle s'est sentie acculée. Son retour s'est mal passé et elle a dû partir à nouveau, ce qui a aggravé sa situation. " La maison d'hébergement locale ayant été détruite, elle a trouvé refuge chez un ami et contacté à nouveau le centre local d'intervention d'urgence. Au Saguenay, le défi ne consistait pas à traiter les nouveaux cas de violence dus à la catastrophe mais " d'absorber l'augmentation des activités de gestion des cas existants ". Selon un second programme de la région, les affaires judiciaires ont dû être reportées, les séjours en maison d'hébergement prolongés et des résidentes de maisons de transition relogées.
L'aide aux sinistrés ne manque toutefois pas et les programmes reçoivent de nombreux dons. Comme l'explique la plupart des participants cependant, le facteur compassion n'est que temporaire alors que le retour à la vie normale est un processus long et complexe. Dans le Dakota du Nord, des fonds d'origines privée et gouvernementale destinés à la prévention de la violence familiale ont été redirigés vers les victimes d'inondation.
Quand une vaste région est dévastée par une inondation, un incendie ou une contamination, les maisons d'hébergement doivent répondre aux besoins des femmes sans le soutien des autres maisons locales, des motels, des refuges, des transports publics ou des services sociaux, d'aide juridique ou de logement de la localité. Le manque de disponibilité des services juridiques et policiers place les femmes en situation dangereuse et augmente la charge de travail du personnel des maisons. Six mois après l'inondation de la rivière Rouge à Grand Forks, les intervenants ont affirmé qu'il fallait encore " lutter fort " et se rendre au palais de justice d'une autre localité pour obtenir des ordonnances de protection. Les programmes manquent aussi de ressources financières lorsque les campagnes de financement prévues doivent être annulées ou reportées, et les bénévoles et membres des conseils suspendent leurs activités, même temporairement. De nombreux programmes font état de surcharge de travail quand certains employés doivent s'absenter pour protéger leur maison et leur famille, ou faire des réparations. Seul un programme du Texas, situé dans une zone vulnérable aux phénomènes météorologiques, a mis en place une politique relative aux absences et aux salaires des employés sinistrés.
Un désastre impose beaucoup de travail aux résidents, aux secouristes, à l'administration locale et aux défenseurs des intérêts des femmes. Certains programmes ont mis leurs ressources et fournitures à la disposition d'autres programmes durement touchés, ou ont logé certaines de leurs clientes. D'autres ont étendu leur mission pour loger des familles évacuées et des secouristes (p. ex. infirmières d'hôpitaux sinistrés s'occupant d'enfants prématurés). Quand une inondation menaçait leur région de la C.-B., un programme a organisé des rencontres de counseling post-traumatique, et un second a dressé des listes de conseillers et offert ses services aux équipes locales de secours. À la suite d'un violent tremblement de terre, une maison d'hébergement de la Californie a distribué gratuitement des trousses et des manuels d'urgence dans le cadre de ses programmes réguliers d'éducation publique. Une autre a reçu des fonds pour inclure du matériel de préparation aux désastres au " matériel d'information " offert aux résidents pour les aider à " reprendre leur vie en main ".
La lente progression de l'inondation qui a touché le Missouri a permis d'effectuer une intervention coordonnée à l'échelle de l'État, à laquelle a participé la coalition locale contre la violence familiale. Cette initiative a entraîné des changements dans l'octroi d'une subvention pour lutter contre la toxicomanie à la suite de l'inondation, afin qu'elle vise aussi la violence familiale.
Les organismes qui ont acquis de l'expérience en gestion de lignes d'écoute et de foyers pour personnes évacuées, en récupération et en distribution d'objets personnels et ménagers, en défense des services de reprise et d'intervention d'urgence et en relogement des familles sinistrées représentent un soutien important pour les communautés qui doivent intervenir à la suite d'une catastrophe. Indigné, un gérant de maison d'hébergement s'est toutefois plaint que les planificateurs locaux des secours " ne pensent pas vraiment à nous ".
Des femmes plus en sécurité : intervention communautaire intégrée
La plupart des programmes aspirent à plus, y compris l'intégration de leurs installations aux plans d'urgence existants (72 %), la formation de leur personnel aux situations d'urgence (68 %), la participation aux réunions locales sur la préparation aux désastres (64 %) et l'élaboration de plans d'urgence et de directives écrites en collaboration avec d'autres organismes (60 %). Les gestionnaires de catastrophes trouveront cet état potentiel de préparation encourageant. Cependant, les programmes dont les ressources limitées ou décroissantes permettent à peine de répondre aux besoins immédiats ne peuvent envisager une préparation aussi minutieuse. Le financement des services de secours et des services aux femmes doit tenir compte des besoins des femmes à risque de violence en situation de catastrophe.
La prise en compte des clientèles particulièrement vulnérables aux sinistres est essentielle à l'érection d'une communauté solide. Comme d'autres femmes vulnérables aux catastrophes, les femmes victimes de violence ont besoin de recevoir des services mais aussi de se faire entendre. Les secouristes habitués à collaborer avec les organismes communautaires réguliers doivent aussi s'associer aux regroupements communautaires de femmes qui ouvrent pour les populations à risque. Des programmes de préparation aux désastres conçus pour des quartiers homogènes doivent inclure les personnes en situation de précarité telles que les femmes et les enfants vivant dans des refuges ou maisons d'hébergement. Les intervenants en santé mentale et autres employés de première ligne devraient suivre une formation sur la violence familiale et les désastres. À cet égard, un important mouvement de défense des intérêts des femmes victimes de violence avant, pendant et après une catastrophe représente un outil essentiel à l'atténuation des difficultés.
Tout comme les catastrophes éventuelles ne constituent pas une priorité pour la plupart des services aux femmes, les besoins des femmes victimes de violence durant et après un sinistre ne sont pas dans la mire des services de secours. Ces deux types d'organismes devront créer un partenariat pour fournir un service d'intervention communautaire intégrant femme, violence et sinistre.
Dans cette optique, l'auteur a élaboré deux séries de directives : une première sur les questions liées à la préparation aux catastrophes dans les maisons d'hébergement, et une seconde à l'intention des maisons d'hébergement, coalitions et secouristes, sur les mesures concrètes à prendre avant et après les catastrophes.
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