BC Institute Against Family Violence Newsletter
Dedicated to the Elimination of Family Violence Through Research and Information
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RAPPORT D'ÉTAPE SUR... les enfants exposés à la violence familiale

par Melody Augustine

Animatrice du programme à l'intention des enfants témoins de mauvais traitements,
Fraserside Community Services

Au cours de la dernière décennie, les connaissances sur la violence familiale ont fait un bond en avant : des recherches ont démontré le lien entre la cruauté envers les animaux et la violence infligée aux femmes et aux enfants; des études ont permis d'établir les effets à long terme de l'exposition à la violence familiale durant l'enfance (p. ex. NcNeal et Amato, 1998); de plus en plus de preuves ont établi que la garde partagée dans les cas de violence familiale avait des répercussions négatives (p. ex. Saunders, 1994). De tous les progrès réalisés, cependant, le plus important demeure, à mon sens, la reconnaissance accrue du besoin de consulter les femmes victimes de violence. Les professionnels du secteur commencent à comprendre à quel point il est essentiel que ces femmes contribuent à la résolution du problème, par exemple en participant à l'évaluation des risques que présentent les agresseurs ou aux efforts communautaires déployés pour améliorer les services et assurer la sécurité des femmes et des enfants tentant d'échapper à une situation de violence. Comme l'a récemment fait remarquer une femme, "les professionnels savent souvent comment les choses devraient se passer, mais les femmes victimes de violence peuvent vous dire comment elles se passent vraiment ". La modeste hausse du nombre de projets de recherches qualitatives et participatives et d'initiatives communautaires fondées sur la participation de femmes de tous les horizons ayant été victimes de mauvais traitements offre une indication de cette nouvelle conscience du besoin d'apprendre de l'expérience directe des femmes.

L'incapacité apparente de nombreux professionnels, organismes et réseaux à traduire en lois, politiques et pratiques tout le savoir tiré des recherches en violence familiale constitue une question d'actualité brûlante au sein du domaine. Par exemple, les décisions prises concernant la garde et le droit de visite des enfants tiennent rarement compte de ce que nous savons du chevauchement entre la maltraitance des enfants et la violence familiale (évalué à entre 40 et 70 p. 100) et des effets négatifs d'une garde partagée bien intentionnée mais potentiellement destructive sur les enfants issus de familles peu harmonieuses. Le fait qu'un homme qui maltraite la mère de ses enfants puisse encore être jugé comme un " bon parent " ayant un droit indéniable et absolu à la relation père-enfant offre également matière à discussion. Au cours des vingt dernières années, les preuves à l'appui des répercussions énormes de la violence familiale sur les enfants qui en sont témoins se sont multipliées. Souvent, ces répercussions sont semblables à celles des formes plus directes de mauvais traitements. Malheureusement, le parent agresseur continue d'obtenir la garde ou le droit de visite de ses enfants sans avoir à démontrer (à tout le moins) qu'il a modifié ses comportements ou son attitude et suivi un cours de compétence parentale. Les conclusions tirées en 1998 par le Comité mixte spécial sur la garde et le droit de visite des enfants dans son rapport au ministère du Solliciteur général continuent de susciter les protestations des intervenants du domaine de la prévention de la violence contre les femmes et les enfants. Ces derniers se soucient, avec raison, de la minimisation apparente de l'étendue du problème au Canada et du manque de mesures de protection pour les victimes.

Les futurs programmes et politiques devraient favoriser :

  • la participation accrue et continue des femmes (et des enfants et des jeunes, lorsque cela est approprié) à la recherche et à la conception d'initiatives visant à répondre aux besoins des victimes de violence familiale;

  • l'expansion des initiatives efficaces et l'augmentation des ressources leur étant affectées. Parmi ces initiatives figurent les programmes à l'intention des enfants témoins de mauvais traitements de la Colombie-Britannique, qui ont été lancés en 1992 pour répondre aux besoins des enfants et offrir du soutien aux mères victimes de violence. Vu l'efficacité de ces programmes et leurs ressources limitées, les organismes chargés de leur prestation font face à de longues listes d'attente et à d'importantes pressions d'ordre financier. Cela est d'autant plus malheureux qu'il est communément reconnu que l'intervention précoce est la meilleure façon de prévenir la transmission des comportements violents de génération en génération;

  • une plus grande reconnaissance de l'importance d'assurer simultanément la protection des mères et des enfants. Par exemple, il importe de réexaminer les décisions judiciaires en matière de droit de visite qui donnent à un agresseur la possibilité de continuer à maltraiter et à contrôler son ancienne partenaire et ses enfants.

  • une reconnaissance accrue des effets néfastes de la violence familiale sur l'ensemble de la société et du besoin d'en faire l'affaire de tous et non des seuls professionnels du secteur. Cela signifie accorder une plus grande importance à l'éducation publique, à la sensibilisation de tous les milieux de travail à la dynamique de la violence, et à l'élaboration de politiques en milieu de travail qui tiennent compte des besoins de protection des victimes de violence conjugale.

Références
McNeal, C., & Amato, P.R. (1998). Parents' marital violence: Long term consequences for children. Journal of Family Issues 19(2).

Saunders, D.G. (1994). Child custody decisions in families experiencing woman abuse. Social Work 39(1).